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Le zouaq : quest-ce-que c'est?

  • Photo du rédacteur: LaHuppe
    LaHuppe
  • 24 mars
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours

Le zouaq (ou tazouaqt) est une technique traditionnelle marocaine de peinture décorative sur bois, très présente dans l’architecture (portes, plafonds, moucharabiehs, auvents, minbars, etc.).

• C’est une peinture ornementale appliquée sur des éléments en bois déjà façonnés par le menuisier ou le charpentier.

• Elle est considérée comme l’un des marqueurs forts de l’artisanat architectural au Maroc, notamment à Fès, Marrakech, Chefchaouen et dans d’autres villes historiques.

Les artisans (zawwaqa) réalisent des motifs géométriques complexes, floraux ou épigraphiques, dans un style qui s’inscrit dans la tradition islamique de l’ornement.

• Les compositions suivent des règles de tracé très codifiées (hasba, qasma, tastir) qui organisent la géométrie, les symétries, les entrelacs et les proportions.

Le zouaq se décline en plusieurs formes et techniques, notamment :

  • zouaq sur bois : utilisé pour décorer des meubles et des objets artisanaux.

  • zouaq mural : appliqué sur les murs des maisons, notamment dans les médinas.

  • zouaq textile : présent sur des vêtements et des tissus traditionnels.

  • zouaq en céramique : utilisé pour embellir des poteries et des carreaux.


Procédé technique

• Le bois est préparé et recouvert d’une couleur de fond unie, souvent un ocre rouge.

• Le motif est d’abord dessiné sur carton, évidé pour faire un pochoir, puis reporté sur le bois à la poudre à travers ce gabarit.

• L’artisan peint ensuite, au pinceau traditionnel, les surfaces tracées, puis ajoute un trait plus fin (souvent blanc ou noir) pour souligner contours et détails.

Fonction et symbolique

• Le zouaq sert à magnifier les espaces : mosquées, médersas, riads, portes monumentales, mais aussi pièces de mobilier.

• Il matérialise un savoir-faire transmis de génération en génération, à la frontière entre artisanat décoratif et véritable art pictural.

Principes de base du zouaq

Les motifs de zouaq reposent sur une géométrie très codifiée (ḥasba, qasma, tastir) qui organise étoiles, rosaces et réseaux polygonaux sur des trames régulières.

• Les motifs sont construits sur des trames de polygones réguliers (carrés, hexagones, étoiles à 8, 10, 12, jusqu’à 32 branches) obtenues au compas et à la règle.

• On travaille par symétries de rotation et de réflexion, avec des pavages périodiques où la « cellule » de base se répète en réseau.

Ḥasba, qasma, tastir

• La ḥasba est l’ensemble des règles de calcul et de proportion (division du cercle, des côtés, choix des « coefficients » qui déterminent la complexité des étoiles et rosaces).

• La qasma désigne les méthodes de division (du cercle, du carré, etc.) pour positionner sommets, axes et lignes directrices.

• Tastir est le terme générique pour le tracé régulateur lui-même, c’est‑à‑dire le réseau de lignes droites qui sous‑tend le motif peint.


Motifs typiques

• Rosaces étoilées : grandes étoiles centrales (souvent 8–16–32 branches) entourées d’étoiles plus petites, le centre s’appelant parfois « naa’ora ».

• Réseaux orthogonaux ou obliques : combinaisons de carrés, losanges et triangles donnant des grilles qui se prêtent à des variations quasi « algorithmiques ».

Supports et préparation

• Support principal : dans le zouaq traditionnel, on utilise du bois (souvent du cèdre), des pigments naturels broyés très finement et des liants animaux ou à base d’œuf pour fixer la couleur.Le cèdre est bois tendre mais stable, choisi pour sa durabilité, sa faible déformation et sa bonne accroche des couches picturales.

• Le bois est poncé, nettoyé, parfois enduit ou passé à une couche de base claire (blanc ou ocre) pour unifier et faire ressortir les couleurs.


Pigments traditionnels

Les couleurs viennent de matières locales :

• Noir : laine de mouton carbonisée.

• Blanc / clair : matière crayeuse proche du gypse.

• Bleu : indigo « nila ».

• Jaune : curcuma.

• Rouges / bruns : henné, pelures de grenade, paprika, poudre de coquelicot, feuilles de grenadier.

• Les pigments sont broyés au mortier pour obtenir une granulométrie fine avant mélange au liant.


Liants et médiums

• Liant classique : colle de peau animale (gélatine) chauffée doucement avec la poudre de pigment pour former une peinture « à la colle », de type tempera.

• On trouve aussi des peintures à base de jaune d’œuf, surtout pour des fonds ocres, ou des variantes à l’huile pour certaines restaurations ou pratiques modernes.

• Le mélange eau + pigment + liant est ajusté pour obtenir une pâte couvrante mais fluide, adaptée au tracé fin du pinceau.


Couleurs et couche picturale

• Palette traditionnelle : bleus, verts, rouges, jaunes, blancs et noirs très saturés, utilisés en aplats nets, sans dégradé, pour renforcer la lecture géométrique.

• Les artisans appliquent souvent les couleurs claires en premier, puis les plus foncées, avant de finir par un trait de contour très fin (souvent blanc ou noir) qui « dessine » le motif.


Pratiques contemporaines

• Aujourd’hui, beaucoup d’ateliers utilisent aussi des pigments industriels (oxydes, acryliques) pour la stabilité, tout en gardant l’esthétique et les techniques de tracé traditionnelles.

• Dans certains ateliers d’initiation à Marrakech ou Fès, on manipule encore des pigments naturels bruts (indigo, ocres, curcuma, henné) pour faire découvrir le procédé historique.


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